Dimanche 22 mai 2011
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oly13 | mai 11, 2011 at 4:07 | Catégories : Articles, Infos générales, Les élu.e.s | URL : http://wp.me/p1mF0t-ul
Reportage Jeanne Ferney, 10/05/2011, in Libération
Devant l'Assemblée, collectifs citoyens et écolos se sont rassemblés ce mardi pour exiger l'abrogation des permis d'exploration de gaz de schiste. Mais la star du jour était Nicolas Hulot, pour
le plus grand agacement de certains manifestants.
(Jeanne Ferney)
Ce mardi matin devant le palais Bourbon, ça sent vraiment le gaz: un cracheur de feu est venu spécialement pour chauffer les dizaines de manifestants réunis afin de dénoncer la proposition de loi
sur les gaz de schiste. Très concentré, le jeune homme lâche de grandes flammes orangées sous les yeux ébahis des militants. A cette mise en scène théâtrale, s'ajoute quelques slogans bien
frappés: «On n'est pas masoschistes!», «Ni ici, ni ailleurs, ni aujourd'hui, ni demain, no gazaran!»
Soudain, les manifestants s'agitent: Eva Joly et José Bové, chef de file de la contestation, sont là! Sous l'objectif des photographes, les eurodéputés prennent la pose, après avoir demandé une
«abrogation claire» de la proposition de loi. «Pfff, c'est démago...», souffle un manifestant, pas dupe.
Place à la campagne!
De nouveau, une rumeur parcourt la foule. Ca se pousse, ça crie, ça court dans tous les sens. Voilà Nicolas Hulot, candidat à la présidentielle, qui pointe le bout de son nez. «L'esprit le plus
objectif reconnaîtrait que cette loi est une aberration», déclare-t-il calmement aux journalistes, qui en profitent pour caser leurs lots de questions: «M.Hulot, que pensez-vous des déclarations
de M. Wauquiez? Et l'affaire des quotas? La question de l'immigration?»
Exit le gaz de schiste, oubliée la fracturation hydraulique, hasta la vista la question énergétique: place à la campagne! «Maintenant, des animateurs de télévision pensent qu'ils vont nous sauver
du désastre», ironise un anti-gaz de schiste au micro, provoquant quelques rires étouffés.
« Y'en a que pour lui »
«Ca y est, tout le monde se précipite», peste une membre d'un collectif anti-gaz de schiste. «Y'en a marre! Y'en a que pour lui! Tout le monde veut une jolie photo de Hulot et Joly, et on oublie
le fond du problème!», grogne-t-elle.
Isabelle, elle non plus, ne décolère pas. Bonnet phrygien sur la tête, elle est venue avec une grande banderole sur laquelle sont inscrites quelques 4.000 signatures anti-gaz de schiste qu'elle a
récoltées dans toute la France. «C'est une mobilisation citoyenne, du terrain, des campagnes, du terroir. Cela ne doit pas être associé à un bord ou à un parti politique! Ce sont les citoyens
qu'il faut écouter avant tout», s'indigne-t-elle, agacée par la «récupération politique» de la mobilisation.
«Il est venu faire le beau», renchérit une camarade. «Il a un bon fond Hulot. Mais bon mon chien aussi a un bon fond, et il ne sera pas président de la République pour autant!»